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notre petite Mado s'en est allée ...

Mado Sentenac s’en est allée...

Tristesse immense ...

Elle est partie sans bruit, alors qu’elle était descendue dans son jardin, son arrosoir à la main.

Ses obsèques ont eu lieu jeudi 20 juillet, à 10h à l’église de Morangis.



Voici quelques lignes en son hommage :


« Ma p’tite Mado », nous avons fait ta connaissance, Denis et moi, quand nous avons intégré le club de bridge de Chilly/Morangis il y a 36 ans. Toi, tu faisais partie des figures du club car tu étais là depuis sa création, en 1973. Nous avons été très bien accueillis et tout le monde était vraiment gentil avec nous.


Peu de temps après, me voilà enceinte pour la 4ème fois. J’étais en plein forme, et j’ai continué de venir jouer tout au long de ma grossesse. A l’époque, c’était ma partenaire, Pierrette, qui s’occupait de l’organisation et du bon déroulement des tournois. Sa hantise était que j’accouche en pleine partie et qu’elle soit obligée d’annuler le tournoi ! Et toi, en tant que sage femme, tu lui as dit tout tranquillement qu’il n’y aurait pas de problème, que tu m’emmènerais dans la pièce à coté pour m’accoucher (ça ira vite, c’est son 4ème) et que nous reviendrions ensuite finir le tournoi.


Je crois que c’est à partir de ce moment là qu’une certaine connivence s’est installée entre nous deux, connivence qui n’a fait que croître au fil du temps.


Un jour, quelques années plus tard, tu nous as proposé de garder nos 4 enfants pour que nous puissions faire une sortie en amoureux. Nous étions ravis et nous avons déposé Damien, David, Rémi et Romain (qui devaient avoir entre 4 et 10 ans) chez toi. Quand nous les avons récupérés, ils étaient tout enchantés de leur après midi : tu les avais emmenés dans ton jardin, tu leur avais expliqué des tas de choses, tu leur avais fait un bon goûter (je crois même que tu avais fait un gâteau avec eux), etc. Bref, tu les avais choyés comme s’ils étaient tes petits enfants et nous en avons été très touchés. Tu es la seule personne (en dehors de nos parents) à avoir été capable de les garder tous les 4 en même temps. Chapeau !


Mais revenons au bridge : tu as longtemps joué avec ton mari, Jean Pierre

et puis tu as dû trouver d’autres partenaires, mais cela ne t’a posé aucun problème : tu étais tellement appréciée de tous ! Toi, si agréable à la table, si appliquée, si concentrée.

Tu adorais aussi la compétition et tu t’y adonnais volontiers : championnats par paires, par quatre, interclubs, compétitions régionales, rien ne t’arrêtait, même si depuis tes 90 ans tu avais un peu « levé le pied », te cantonnant à l’interclubs.


Tu étais une passionnée, dotée d’une qualité rare : jamais ton envie de gagner et ta combativité n’ont empiété sur ta bonne humeur, ta courtoisie, ton fairplay à la table.


Le club du Bief a été ta 2ème famille : tu venais y jouer toutes les semaines, voire plusieurs fois par semaine. Toujours élégante, toujours coquette, tu respirais la joie de vivre et tu ne te plaignais jamais. Tu prenais ton p’tit café en arrivant et tu me disais parfois : « oh écoute, il faut que je te raconte quelques chose … » ou alors « oh, si tu savais ce qui m’est arrivé ! », et tu me faisais part d’un évènement, d’une anecdote.


Tu étais avenante et bienveillante avec tout le monde. Ton sourire et tes yeux rieurs révélaient une intense chaleur humaine. Tu avais toujours un p’tit mot gentil à la table : c’était un plaisir de te rencontrer.


L’été, tu apportais souvent des cerises de ton jardin, fraichement cueillies, et parfois tu nous les proposais en clafoutis, pour accompagner la pause thé en milieu de tournoi.

Tu aimais le club, c’était ton club. Tu le soutenais chaque année, en participant au forum des associations. Tu étais souvent la première à t’inscrire pour tenir le stand du bridge et tu réservais un créneau de 2 heures.


Tu étais toujours enjouée et très reconnaissante de toutes les animations et festivités que nous organisions. Souvent, tu m’appelais le lendemain pour me dire combien tu avais apprécié et pour nous remercier.

Le 12 mai dernier, tu as encore disputé le mini marathon du club durant toute la journée.

Deux semaines plus tard, tu as gagné la Ronde de France avec Anne, en devançant les 12 autres paires présentes. Belle prouesse pour deux dames de 92 ans !


Le 21 juin, tu étais là pour la fête de fin de saison, tournoi et bbq, et nous avons encore trinqué et diné ensemble, à la même table.


Et puis le 6 juillet tu as joué ton dernier tournoi…


Tu as tiré ta révérence quelques jours plus tard, en toute discrétion, dans ton jardin que tu aimais tant. Nous sommes tous consternés et attristés par ton départ brutal. Il parait que tu n’as pas souffert : maigre consolation, mais soulagement tout de même.


Ma p’tite Mado, tu faisais partie des plus anciennes joueuses du club et des plus fidèles aussi. Tu devais fêter prochainement avec nous le 50ème anniversaire du club…


Tu étais vraiment une belle personne, généreuse et pleine de vie, toujours positive et avec un cœur grand ouvert. Une grande dame, d’une dignité humaine et d’une humilité remarquables. Nous avons eu bien de la chance de te côtoyer toutes ces années et de faire un long bout de chemin avec toi, mais il est bien douloureux de savoir que nos chemins se séparent à présent. Merci du fond du cœur pour tout ce que tu nous apporté.

Tu vas nous manquer à tous … et je ne pourrai plus me dire : « chouette, j’ai vu ma p’tite Mado aujourd’hui ! » mais je te garderai toujours une place dans mon cœur, auprès des êtres qui me sont chers. Je t’adore ma p’tite Mado, et crois moi, je ne t’oublierai jamais (tout comme Papa) !


Très affectueusement, Babette

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